19 mars 2006

Droit de réponse: Cpe

Vos commentaires ont été très intéressants et ont enrichi le débat. Pour répondre à merko le but de ce blog n'est pas de diffuser des idées orientées mais de lancer des thèmes de discussion pour que les opinions se confrontent. C'est ce qui se passe avec ce premier sujet et j'en suis ravi.

Pourquoi ne pas regarder le Cpe sans arrieres pensées idéologiques? Je regarde le CPE avec pragmatisme en me demandant s'il peut ou non améliorer la situation sur le marché de l'emploi. Ce n'est pas une solution miracle, mais personne ne le présente comme cela. C'est une mesure qui tente de réduire les rigidités sur ce marché. Les employeurs ont besoin de flexibilité, il faut faire évoluer les mentalités: un emploi à vie ça n'existe plus ! C'est en favorisant la mobilité que nous pourrons stimuler notre économie. Le MEDEF ne critique pas le CPE parce qu'il va dans le mauvais sens mais au contraire parce qu'il ne va pas assez loin.

Deuxième thème qui m'interpelle dans les commentaires des opposants au Cpe c'est l'idée d'injustice. Est-il juste de ne pas pouvoir licencier un salarié qui, disposant d'un CDI sécurisant, ne met plus de bonne volonté alors que des jeunes motivés demandent une chance? Ma conception de la justice est de traiter de manière inégale des situations inégales. Être juste c'est donner à chacun ce qu'il mérite. C'est par ce mode de pensée que l'on peut relancer la responsabilité individuelle, relancer la prise d'initiative, relancer la volonté d'entreprendre. En adaptant ce raisonnement au marché du travail, il semble nécessaire de donner aux chefs d'entreprise la possibilité d'être juste. Comment? En pouvant se séparer d'employés qui ne mettent pas de bonne volonté dans leur travail mais aussi en ayant la possibilité de rétribuer davantage les salariés qui s'impliquent et qui sont efficaces dans leur travail.

Vos commentaires sont plus que jamais les bienvenus pour échanger sur ce thème...

François ARNAUD

Posté par quico à 15:23 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Droit de réponse: Cpe

    Plus de flexibilité donc plus d'emploi: pourquoi pas?

    Bonjour à tous!

    Après m'être renseigné auprès de connaisseurs en RH, voici quelques autres apects intéressants qui peuvent alimenter le débat sur le CPE.

    Un autre intérêt de ce contrat est de pouvoir se séparer d'un salarié sans justification à donner puisqu'il s'agit d'une période d'essai: ceci évite donc de placer cette situation dans le cadre d'un licenciement et de déclencher des constatations systématiques devant les prudhommes sur les causes du licenciement. Les entreprises peuvent ainsi employer des salariés dès qu'elles estiment que leur CA va augmenter tout en sachant qu'elles pourront les licencier si leurs prévisions à court terme sont inexactes.
    Par ailleurs, la durée de 2 ans s'explique par la volonté de permettre un meilleur ajustement conjoncturel que l'intérim ou les CDD qui sont limités à 18 mois (renouvellement inclus) lorsqu'ils s'inscrivent dans le cadre d'une augmentation d'activité.

    Quant à la critique avancée que même les DRH n'y voit aucun intérêt, cela s'explique par le fait que les DRH ne sont présents que dans les grosses entreprises qui n'ont pas le même besoin de réactivité au marché que les PME qui constituent l'essentiel de l'emploi salarié en France.

    Pour conclure, l'argument de la précarisation croissante peut-être contesté: en effet, avec la législation actuelle, il est possible de procéder à des licenciement économiques dès qu'il y a baisse ou non atteinte des objectifs de CA. Et généralement, ce sont les personnes entrées les dernières qui partent. Avec le CPE, l'entreprise fera de même. Dès que les objectifs économiques ne seront pas remplis, elle mettra fin aux CPE pour se redonner de l'air.

    Ce contrat va donc permettre normalement de faciliter les entrées et sorties sur le marché du travail, et donc, théoriquement, de résorber une partie du chômage des jeunes en période de croissance.

    J'espère que ces quelques précisions permmetront de démystifier un contrat qui mérite qu'on lui donne une chance.

    Benoît

    Posté par Benoît, 19 mars 2006 à 23:43 | | Répondre
  • ma biche....

    Le débat est large, il ne s'arrète pas aux frontières du cpe, mais bien audelà: réformesur l'école (méthode d'apprenrissage des plus jeunes), réforme des universités (peut être ds la continuité de la réforme LMD?)... On peut toujours discuter autour de la légitimité de ce contrat, mais on se trouve ds une situation où, le oulèvement de la rue fait que le cpe doit être retiré et le débat s'ouvrir, pour réformer "les failles" du systèmes en ce qui concerne le chômage, l'éducation...

    Posté par farfade, 23 mars 2006 à 19:56 | | Répondre
  • A lire

    courier international n°803 du 23 au 29 mars 2006
    C contre
    P pouvoir
    E étudiant

    Posté par farfade, 23 mars 2006 à 19:58 | | Répondre
  • En ces temps de France qui tombe, un peu d'humour...

    Extrait du courrier des lecteurs de l'EST REPUBLICAIN
    du 20/03/06

    « Même s'il me fait plutôt penser à une installation forcée sur un siège éjectable dont on ne maîtrise pas le déclenchement, le CPE doit être une bonne idée puisqu'il a déjà un projet de petit frère avec le CPL (contrat première location) qui permettrait au propriétaire d'un logement de signer un bail de deux ans à l'issue
    duquel il lui serait possible de mettre le locataire à la rue.
    Alors, parce que je suis plutôt partisan des bonnes idées, je suggère la mise en place des contrats suivants : Le CPV (contrat de première voiture)permettant à l'acheteur d'un véhicule de le conserver à l'essais pendant une durée maximale de deux ans, à l'issue de laquelle il déciderait de l'acheter ou bien de le
    ramener au garage sans explication ; Le CPR (contrat de premier repas)permettant au convive de goûter les plats de son choix et de quitter le restaurant sans payer ceux qui n'aurait pas appréciés ; Le CPM (contrat premier mariage) permettant aux nouveaux époux de signer un contrat de mariage de deux ans à l'issue desquels la séparation serait possible, sans autre formalité, si l'un des deux n'est pas satisfait de l'autre.
    Mais avant tout ça, je suggère aussi la création d'un CPP (contrat de premier président)permettant aux citoyens d'élire le président de la république pour une période probatoire de deux ans à l'issue desquels un référendum national déciderait s'il est ou non autorisé à finir le quinquennat. Au fond, ça les inciterait peut-être à vérifier les « bonnes idées » de leurs premiers ministres ».

    Posté par wil, 05 avril 2006 à 16:34 | | Répondre
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